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Réflexions en vue d'un système éducatif plus performant pour tous les enfants
Depuis plusieurs mois, le CEDEP réfléchit à l’avenir de
l’enseignement public en Communauté française.
Le présent document constitue l’état actuel de cette réflexion menée en commun par ses associations membres :
Association
des Enseignants Socialistes de la Communauté française de Belgique (AESF),
Association
des Professeurs issus de l’ULB (A.Pr.Br.),
Centre
d’Action Laïque (CAL),
Centre
d’Etudes Charles Rogier (CECR),
Centrale
Générale des Services Publics (CGSP - Enseignement),
Conseil
des Pouvoirs Organisateurs de l’Enseignement Officiel Neutre Subventionné (CPEONS),
Fédération
des Amis de la Morale Laïque (FAML),
Fédération
des Associations de Parents de l’Enseignement Officiel (FAPEO),
Ligue
de l’Enseignement et de l’Education Permanente (LEEP), Syndicat
Libre de la Fonction Publique (SLFP - Enseignement),
L’Association des
Directeurs de l’Enseignement Officiel (ADEO), membre du CEDEP depuis le 16 mars
2010, souscrit également à ce texte.
INTRODUCTION
Tout travail prospectif se fait
en fonction d’objectifs qui relèvent en partie de l’utopie. Tout progrès
pédagogique a toujours fonctionné sur ce modèle.
Le présent document propose une réflexion sur l’état actuel
de notre système éducatif en Communauté française et une série de principes non
exhaustifs à mettre en œuvre afin de le rendre plus égalitaire et plus
performant.
Par ce document, le CEDEP souhaite définir une base commune
à ses 10 associations membres pour promouvoir ensemble les réformes
nécessaires.
Les méthodes pédagogiques doivent être radicalement
transformées pour remédier efficacement aux difficultés d’apprentissage des
élèves, éviter les redoublements et viser l’excellence pour tous, tout en
renforçant le rôle global de socialisation de l’école. Il s’agit notamment de remplacer l’esprit de
compétition et de sélection par un esprit de coopération entre élèves,
enseignants, écoles et réseaux, en vue d’atteindre réellement les objectifs
éducatifs qu'un service public d’enseignement doit se fixer pour tous les
élèves.
L’organisation concrète de cette coopération ne peut
se faire en ordre dispersé : elle nécessite une vision claire des
objectifs à atteindre et la collaboration de tous les acteurs pour y parvenir.
La mise en commun des ressources humaines et
matérielles dans le cadre d’un service public unifié regroupant tout le système
éducatif permettrait de dégager les moyens nécessaires pour répondre
concrètement aux problèmes inventoriés.
La réforme globale que nous appelons de nos vœux ne pourra pas
se faire du jour au lendemain : elle nécessitera un travail préalable de
préparation, d'appui et de formation des enseignants, de réorganisation du
système éducatif, une transformation progressive des réseaux et un travail de
longue haleine dans toutes les écoles qu’il faudra commencer aussi tôt que
possible, dans un maximum d’écoles volontaires, afin d’expérimenter et
d’évaluer en vue de généraliser.
Pour réussir, la réforme devra être construite sur le long terme,
mobiliser toutes les énergies et les bonnes volontés disponibles, et être
conduite dans la continuité, sur la base d’un accord politique stable résultant
d’un large débat démocratique en Communauté française, au sein non seulement de
ses milieux politiques, mais aussi de la société tout entière.
« L’utopie
est le principe de tout progrès »
(Anatole
France)
Avant-propos
Les membres du groupe de
travail représentant les associations constitutives du CEDEP ont élaboré le
présent projet dans le souci majeur des jeunes et en voulant réaménager l’école
pour qu’elle soit une, ouverte à tous, égalitaire et résolument
officielle !
La mission de l’école est avant tout de
former des citoyens et des citoyennes, bien dans leur tête et dans leur corps,
épanouis, prêts à voir leur avenir avec confiance et détermination et
maîtrisant un certain nombre de concepts, de savoirs et de méthodes de travail.
Des citoyens capables de construire
cette société que nous voulons plus juste et plus solidaire.
Des citoyens libres, autonomes,
émancipés.
Pour ce faire, l’école doit leur donner
les outils qui leur permettront de développer leur capacité d’analyse, leur
esprit critique, leur volonté d’apprendre, d’échanger et de s’investir dans des
projets individuels et collectifs.
Cette école dont rêvent les laïques ne
doit pas être le seul lieu éducatif ; la famille, les copains, les lieux
de loisirs… façonnent aussi le jeune en devenir. C’est de la pluralité des espaces d’éducation que peut naître une
vision globale d’un monde où chacun et chacune aura sa place à part entière.
L’école se doit donc de prendre en compte
tous les lieux et réalités de vie et de « rassembler » tous
ces savoirs que l’enfant et le jeune auront glané ci et là. D’où l’importance
de la reconnaissance par les équipes éducatives de l’ensemble des formes de
culture.
Cette école humaniste n’a donc pas pour
unique mission de former des « travailleurs », mais des femmes et des
hommes dotés d’une culture générale, et d’une solide maîtrise des connaissances
de base tant en mathématique, qu’en français, en science qu’en technologie. Il
s’agit davantage d’apporter des méthodes d’apprentissage et le goût de la
découverte que d’aligner des savoirs qui ne feraient pas sens dans
l’environnement du jeune.
Formons des hommes et des femmes
curieux du monde, de l’autre et animés par le désir de progresser.
Les employeurs tant des secteurs
publics que privés ont de leur côté pour mission d’assurer le suivi de la
formation initiale pour doter ces travailleurs des compétences complémentaires
techniques, scientifiques ou autres, spécifiques à leur métier, sachant que
l’individu peut être amené aujourd’hui à changer radicalement d’orientation professionnelle
à plusieurs reprises au cours de sa vie.
Néanmoins, il est envisagé qu’au-delà
d’un tronc commun les jeunes soient formés ultérieurement pour atteindre les
compétences nécessaires au métier ou aux études supérieures qu’ils auront
choisi.
L’école doit tout mettre en œuvre pour
permettre à tous les enfants d’avancer à leur rythme tout en atteignant les
objectifs les plus ambitieux. Ce faisant, l’école ne contribuera plus à
l’exclusion et ni à l’élitisme social.
Pour réussir cette mission, il faut
d’abord axer la formation des maîtres sur cet objectif et donc anticiper à ce
niveau la réforme de l’éducation que nous souhaitons. A nouveau,
« l’être » doit précéder le « savoir » et
« l’avoir ».
Les enseignants doivent encore
davantage être capables de déceler la richesse que recèle chaque enfant et de
disposer des moyens de la valoriser, non seulement pour lui permettre de
s’épanouir individuellement, mais également de favoriser l’épanouissement
collectif, dans sa classe comme dans son
entourage.
Les chemins possibles pour arriver à
cette école où les plaisirs d’apprendre et de grandir seraient les priorités,
sont nombreux.
Dans le texte qui suit, des hypothèses
sont formulées, des intentions sont énoncées.
Elles ont le mérite de représenter un
dénominateur commun des associations constitutives du CEDEP.
Ce texte ambitieux est à lire comme la
base d’une refonte du système scolaire dont chaque axe pourra, devra faire
l’objet d’échanges importants au sein des associations pour dégager des pistes
opérationnelles communes.
PRINCIPES
Réorienter :remplacer
la peur de l’échec par la soif d’apprendre
1.un
enseignement adapté aux élèves,
2.un
dépistage précoce des difficultés,
3.tendre
vers la suppression du redoublement,
4.une
remédiation personnalisée,
5.un
soutien spécifique aux élèves qui maîtrisent insuffisamment le français,
6.une
évaluation positive,
7.un véritable tronc commun jusqu’à la fin
du 1er degré, prolongé progressivement jusqu’à la fin du 2ème degré,
8.un
enseignement efficace d’une 2ème langue,
9.une
valorisation de l’enseignement professionnel,
Unifier :rassembler
toutes les écoles dans un réseau unique de service public
10.une
gratuité totale,
11.une
large autonomie des écoles et des enseignants,
12.un
enseignement neutre,
13.un
réseau unifié de service public,
14.des
pouvoirs organisateurs élus,
15.une
vraie mixité sociale,
Transformer :une
formation de niveau universitaire pour tous les enseignants
16.inciter
les bonnes personnes à devenir enseignants,
17.renforcer
la formation pédagogique des enseignants,
18.développer
au maximum les potentialités de chaque élève.
Réorienter
:
remplacer la peur de l’échec par la soif d’apprendre
1.Un
enseignement adapté aux élèves
Pour améliorer
le taux de réussite scolaire, actuellement anormalement bas, il faut un plan
global établi et mis en œuvre en concertation avec les enseignants de terrain,
sur la base d’un vrai débat démocratique, sans préjugés, constructif, ouvert à
tous les partenaires du monde de l’éducation et appliqué par chacun.
Il faut faire
évoluer la pédagogie afin de conduire chaque élève, à son rythme propre, au
niveau le plus élevé de ses potentialités, et créer pour tous les acteurs de
l’enseignement des instruments concrets, souples, variés et adaptés à ce but.
Les parents ne
peuvent être ignorés dans ce processus. Comme le dit notamment la loi finlandaise :
« L’éducation doit être organisée en
coopération avec les famillesafin
que chaque élève reçoive l’instruction, les conseils et les soutiensqui correspondent à ses besoins spécifiques
et à son niveau de développement ».
Il en résulte
que les enseignants doivent être responsables du développement maximal des
possibilités de chaque enfant et qu’ils doivent pouvoir disposer de tous les
moyens nécessaires à cet effet.
Il faut encourager chaque jeune à devenir acteur de sa propre formation,
ce qui nécessite de faire des efforts, de se dépasser, de vouloir le meilleur
pour son propre avenir, et l’inciter à travailler en équipe et à développer une
solidarité favorisant une saine collaboration.
Le rôle des
parents dans la motivation au travail scolaire est notamment décisif dans la
réussite des élèves. L’école doit aider les parents à concevoir et à exercer
leur rôle dans l’accompagnement de la scolarité de leurs enfants. A cet effet,
un véritable partenariat parents-école doit être mis en œuvre, auquel chacun
participe en apportant ses compétences spécifiques dans le respect mutuel (ce
qui implique notamment de favoriser concrètement la maîtrise du français et de
la lecture par tous les parents).
Dans cette optique, les élèves et les parents doivent être dûment informés
de leurs responsabilités et impliqués. Si chacun est bien convaincu que
le rôle de l'enseignant est d’abord d'aider l'élève à se développer et
s'émanciper, les relations entre les professeurs et les élèves deviendront plus
solides, les enfants et les parents respecteront davantage les enseignants et la
collaboration avec ces derniers en sera améliorée.
Les enseignants doivent pouvoir
jouir d’une large autonomie dans l’exercice de leur mission. L'important c’est
la réalisation des objectifs généraux fixés par le décret
« missions ».
2.Un
dépistage précoce des difficultés
Une détection précoce et systématique des
troubles de l'apprentissage et des handicaps divers doit être mise en place
:
·dépistage précoce
des difficultés des élèves et leurs causes (dyslexie, défauts de prononciation,
dyscalculie, dysorthographie...) ;
·présence de
psychologues et de logothérapeutes dans les écoles aux côtés d'assistants scolaires, d'infirmières,
d'enseignants spécialisés… ;
·sensibilisation et formation des
enseignants à déceler très tôt les problèmes et à mettre en œuvre une pédagogie
adaptée.
Le dépistage précoce doit être réalisé en
gardant l’objectif d’une école émancipatoire pour tous et toutes, qui
entreprend son action pédagogique au gré du temps d’apprentissages différenciés
pour chaque élève, sans toutefois porter un éclairage trop important sur les
difficultés rencontrées par certains enfants.
3.Tendre
vers la suppression du redoublement
Les « indicateurs de
l’enseignement » montrent que le taux moyen de redoublement, au lieu de
diminuer ne fait que grimper : à la fin du secondaire, on peut considérer
qu’un enfant sur deux a redoublé au moins une fois et qu’un enfant sur quatre a
un retard de deux ans ou plus, tandis qu’un enfant sur trois quittera
l’enseignement secondaire sans diplôme.
Outre des conséquences
psychologiques préjudiciables pour l’enfant, cette situation grève le budget de
l’enseignement de plus de 335 millions d’euros par an qui pourraient être
utilisés de manière beaucoup plus positive en accompagnant les enfants dès
qu’une difficulté surgit plutôt que leur faire recommencer le même parcours.
On pourrait consacrer l'argent
généré par le redoublement à engager des enseignants, des assistants, des
conseillers et du personnel paramédical afin de détecter plus rapidement les
difficultés et de tenter d'y remédier immédiatement.
Si on ne veut
pas qu'une mesure soit contreproductive (exemple : l'interdiction de
redoubler dans le 1er degré du secondaire), il ne faut pas qu'elle
reste isolée.
Il faut
avancer sur tous les fronts en même temps, transcender les majorités politiques
de circonstances, assurer un phasage cohérent, une continuité et un suivi des
réformes sur le long terme.
Il faut le
courage politique d'affronter tous les lobbies qui, à visage découvert ou non,
défendent un système inégalitaire.
4.Une
remédiation personnalisée
La mise en
œuvre systématique d’une « remédiation » efficace dès les premières
difficultés des élèves devrait s’inspirer largement de l’expérience acquise
dans les systèmes scolaires où cette remédiation fonctionne bien.
En cas de
léger retard, elle serait assurée par l’enseignant pendant ou
après la classe. Il serait aidé par des assistants
en éducation, des professeurs experts en la matière, de jeunes professeurs…, qui
viendraient prendre en charge des groupes restreints d'élèves.
En cas de
problème d’apprentissage plus important, l’élève devrait pouvoir être pris en
charge par un professeur spécialisé en dehors de la classe ; l’élève
n’assiste plus au cours normal pendant sa remise à niveau, tout en poursuivant
le programme normal avec le professeur spécialisé pour ne pas prendre de retard
par rapport à la classe.
Si le besoin
de remédiation devient récurrent dans un groupe-classe, un examen libre et
serein du sens des savoirs et savoir-faire enseignés, ainsi que des méthodes
utilisées, s’impose.
5.Un
soutien spécifique aux élèves qui maîtrisent
insuffisamment le français
Les élèves qui
maîtrisent insuffisamment le français devraient être plongés dans un bain
linguistiquejusqu'au moment (en général un an) où ils peuvent suivre
leur scolarité, idéalement avec des élèves du même âge.
Le nombre
important d'immigrés (un sur deux à Bruxelles) ne peut pas être une raison pour
reléguer ces enfants vers des filières inadaptées.
Tous les
enfants (autochtones ou d’origine étrangère) doivent disposer de chances égales
face à toutes les possibilités qu’offre l'enseignement obligatoire.
6.Une
évaluation positive
La pratique de l'évaluation devrait être
basée sur le souci de valoriser ce que l'élève sait plutôt que de sanctionner
ce qu'il ne sait pas.
Une évaluation positive évalue ce qui est
acquis et ce qui reste à acquérir, et non un manque, ou une faute.
Il faut changer ce caractère compétitif
et sélectif angoissant de notre manière d’évaluer en la transformant en un
véritable outil éducatif pour l'élève et un tableau de bord pour l'enseignant.
En Finlande (voir annexe 2), les notes
chiffrées n'apparaissent qu'après 13 ans :
·le profil souhaité de
l’élève est défini au niveau national et permet de noter les élèves dans chaque matière ;
·une note
insuffisante implique que l'élève ne sait pas ; il devra donc recommencer
non pas l'année mais l'apprentissage non abouti ce qui ne veut pas dire qu'il
doit redoubler !
L'accumulation
des contrôles, des notes, des bulletins à dates régulières, etc., est souvent contre-productive. Si les élèves étaient
mis beaucoup plus fréquemment en activité et un peu moins en évaluation, il y a
de fortes chances que leur motivation serait accrue et qu'on ne devrait plus
recourir de manière aussi systématique aux notes (pensons simplement aux cours
qui se donnent à raison d'une heure/semaine et qui doivent être évalués deux
fois par trimestre).
L’évaluation interne doit rester
essentiellement formative et continue. Les certifications devraient faire
l’objet d’évaluations externes.
7.Un
véritable tronc commun jusqu’à la fin du 1er degré, prolongé
progressivement jusqu’à la fin du 2ème degré
Chaque enfant doit pouvoir s’appuyer sur
une solide base de compétences, et une connaissance suffisante de lui-même, de
ses aspirations et de ses capacités, avant de choisir une orientation, ce qui
n’est généralement le cas qu’à partir de 16 ans.
Il doit être initié à toutes ses
potentialités afin de pouvoir choisir son orientation en connaissance de cause, sans être influencé
par l’image de certaines professions, par les aspirations des parents ou par
les filières organisées par l’école.
C’est pourquoi l’enseignement devrait
être organisé progressivement en un tronc commun sans filières jusqu'à 16 ans.
La musique, les arts plastiques, la
créativité, l’éducation à la santé, à la citoyenneté, la gestion de la quotidienneté,
le travail technique et manuel devraient également faire partie du tronc commun
pour tous les élèves, garçons et filles. Il s'agit de transmettre à chacun les
outils indispensables pour assurer l'entrée dans la vie active.
Ce tronc commun pluridisciplinaire devra
permettre à chacun d’acquérir, au rythme qui lui convient, et en bénéficiant
d’une aide individuelle ou collective immédiate en cas de difficultés, les
connaissances et les compétences nécessaires pour poursuivre au 3ème
degré dans l’enseignement qualifiant ou l’enseignement de transition (technique
ou général).
Il lui permettra également de devenir un
citoyen à part entière et de prendre les décisions qui affecteront sa vie. Il
évitera l’orientation précoce, la relégation vers des filières inadaptées ou
l’exclusion vers des écoles « plus faciles ».
Une réflexion globale devra être menée
sur l’ensemble des matières à enseigner, leur contenu, leur importance respective,
la diversité des méthodes d’enseignement, leur échelonnement sur le cursus
scolaire, etc., en vue de définir le programme du tronc commun.
Ce programme devra ensuite être revu
périodiquement à la lumière des résultats obtenus.
Durant le cursus scolaire commun, en
parallèle avec l’acquisition des compétences exigées, l’élève devra avoir
l’opportunité de découvrir et de développer ses aptitudes particulières,
intellectuelles, manuelles ou artistiques (enseignement modulaire ou par
ateliers).
Des
stages de découverte permettront à l’apprenant de concrétiser et se représenter
valablement différentes réalités professionnelles.
De son côté, l’enseignement qualifiant (technique et professionnel)
devra être réorganisé tant au niveau des programmes, de la formation des
enseignants, du lien avec les entreprises et des équipements.
Tout en veillant à ce que la formation qualifiante ne
soit pas en lien exclusif avec les besoins actuels du secteur économique, sous
peine d’être rapidement obsolète,
il pourra accueillir à partir de 16 ans
dans les meilleures conditions des élèves maîtrisant les compétences de base ( lecture, écriture,
calcul, langage scientifique et technique, langues étrangères) et motivés par
un choix positif pour l’apprentissage d’un métier .
8.Un
enseignement efficace d’une 2ème langue
Le constat est simple : actuellement, l’enseignement
des langues dans nos écoles n’est pas efficace.
Une réflexion profonde sur
l’enseignement des langues est nécessaire, en mettant l’accent sur :
·un
contact précoce avec une 2ème langue, idéalement dès la première
année primaire, afin que les enfants n’attendent pas la cinquième année
primaire pour en faire la découverte ;
·le recours privilégié à des enseignants
« locuteurs natifs » de la langue enseignée ;
·l’augmentation
de l’offre de l’enseignement par immersion, afin d'accorder la
priorité au rôle utilitaire et au plaisir de la langue avant que d'en aborder
les aspects plus académiques ;
·le développement de programmes
d’échanges linguistiques d’élèves,
·la formation initiale des enseignants
devrait inclure des séjours dans
le ou les pays dont ils vont enseigner la langue afin d’arriver
à la maîtrise de celle-ci.
9.Une
valorisation de l’enseignement professionnel
Il n’est pas acceptable que
l’orientation d’un jeune soit simplement basée sur son écartement de
l’enseignement général pour manque de performances.
L'accès à une
filière professionnelle après 16 ans devrait faire l'objet non pas d'une
"relégation" mais d'une "sélection" positive sur la base
d'un dossier scolaire et d'une réelle motivation. Cette orientation ne peut pas
être imposée : elle doit résulter d'un dialogue entre l’élève, la famille,
le CPMS et l'établissement.
Les orientations
« forcées » ou « par défaut » doivent impérativement être
éradiquées pour laisser au jeune le temps de définir ses aspirations tout en
ayant des acquis solides.
L’enseignement professionnel ne
doit s’adresser qu’à des jeunes qui ont délibérément choisi cette filière, afin
que cet enseignement retrouve tout le crédit qui lui revient et puisse accompagner
les jeunes qui ont fait ce choix.
L’attrait pour ces orientations (et donc la
motivation des candidats) dépendra de la qualité de la formation donnée et des
débouchés qui s’offrent à la sortie des études.
L'enseignement de promotion
sociale peut utilement permettre à des jeunes ayant choisi ces filières de
poursuivre ultérieurement des formations qui leur permettront de se hisser à
des niveaux de responsabilités plus élevés.
Unifier :
rassembler
toutes les écoles dans un réseau unique de service public
10.La gratuité totale
Tout enfant doit avoir le droit de
choisir librement ce qu’il fera de sa vie, ce qui implique que son éducation
soit fonction de ses propres capacités et de ses aspirations, et non du niveau de revenus de ses
parents.
Un pays qui décrète l'obligation scolaire pour tous les citoyens
jusqu'à l'âge de 18 ans doit offrir gratuitement ce service à l'ensemble de la
population.
La gratuité de l’enseignement (y
compris l’enseignement secondaire sous ses différentes formes) est reconnue
comme droit fondamental au niveau international, notamment depuis 1966 par le
« Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et
culturels » de l’ONU (Article 13, § 2, b).
La Loi belge le prévoit. Selon
l’article 24 de la Constitution : « L’accès
à l'enseignement est gratuit jusqu'à la fin de l'obligation scolaire ».
Il en résulte que l’enseignement obligatoire doit être totalement à charge des
Pouvoirs publics, et, dès lors, être soumis à des obligations et à un contrôle
de la conformité à celles-ci.
La gratuité de l'enseignement obligatoire est inscrite depuis près d'un
siècle dans la première loi sur l’obligation scolaire. Cette disposition ne
visait, à l'époque, que l'enseignement officiel. Il était admis que
l'enseignement libre sollicite une large contribution des parents. Il faut
regretter qu'aujourd'hui, alors que la
Constitution prévoit l'égalité de tous devant la loi ou le décret, la participation
financière des parents soit encore trop
souvent sollicitée.
La gratuité ne pourrait-elle pas
s’étendre, comme cela se fait dans certains pays, aux fournitures scolaires,
aux repas pris à la cantine, aux transports, aux sorties pédagogiques,
sportives et culturelles, etc. et d’une manière générale àtoutes les prestations
auxquelles chaque enfant doit de toute façon avoir accès, quelle que soit son
origine sociale, durant la scolarité obligatoire ?
N’est-il pas discriminatoire que
des enfants soient privés de certaines de ces prestations parce que leurs
parents n’en ont pas les moyens ?
Pour le CEDEP, l’école obligatoire
doit tendre vers la gratuité totale en limitant d’abord, en supprimant ensuite,
tout minerval direct ou indirect.
11.Une large autonomie des écoles et des enseignants
Les rôles respectifs des responsables des
établissements scolaires et des autorités de tutelle doivent être mieux
distribués :
·à l’autorité de tutelle de définir les
objectifs, les contraintes (enveloppes budgétaires liées à l’index et aux
variations de la population scolaire totale, normes d’encadrement, socles de
compétences et compétences terminales, résultats attendus, etc.) et les
évaluations de la réalisation des objectifs (contrôles externes systématiques
et efficaces offrant toutes les garanties de pertinence et de validité).
·aux responsables et aux acteurs
scolaires, le choix concerté des pratiques pédagogiques et l’exécution de la
mission (principe de subsidiarité) dans un cadre réglementaire visant
l'efficacité.
Il s’agit de substituer à
l’organisation actuelle du système éducatif, avec ses procédures
administratives pesantes, une structure claire et démocratique, fondée sur la
liberté d’exécution, la délégation et le contrôle des résultats, où pouvoirs
organisateurs, directions et enseignants, directement impliqués sur le terrain
par la réussite de leurs élèves et l’avenir de leur école, auraient la
responsabilité de décider et d’agir.Les compétences de chacun gagneraient à être
clairement définies.
Il faut responsabiliser les
acteurs, stabiliser les temporaires, moderniser les méthodes de gestion,
améliorer l’organisation de la formation continuée pour les enseignants en
général et les gestionnaires en particulier, développer le travail en équipe,
l'esprit constructif, la participation de chacun à la motivation et à la
réussite scolaire.
Les
établissements qui réunissent une importante population provenant de milieux
socio-économiques défavorisés doivent pouvoir bénéficier de moyens
supplémentaires dont l'efficacité doit être régulièrement évaluée.
12.Un enseignement neutre
Il existe aujourd’hui en
Communauté française un large consensus sur les valeurs humanistes qui fondent
et animent le système éducatif. Il est temps de le mettre en accord avec son
organisation, caractérisée par une dispersion des moyens et une concurrence
stérile, héritées des clivages philosophiques et religieux du passé.
Ces clivages ayant perdu
grandement leur signification et leur réalité sociologique, ne serait-il pas
temps de les dépasser ?
Dans l’attente d’une modification
du Pacte scolaire, il y aurait lieu que soit aboli le caractère confessionnel
de l’enseignement privé au profit des principes de neutralité déjà imposés à
l’enseignement officiel.
Les instruments légaux qui permettraient aux écoles catholiques - qui
se revendiquent aujourd'hui du service public fonctionnel - d’évoluer vers un
enseignement neutre existent : le décret du 31 mars 1994 sur la neutralité
de l’enseignement organisé par la Communauté française, et celui du 9 décembre 2003
fixant les conditions de la neutralité dans l’enseignement officiel
subventionné. Tous les Pouvoirs Organisateurs peuvent y souscrire.
Ces décrets ont été votés à l’unanimité par tous les partis politiques
démocratiques, et devraient logiquement s’appliquer à toute école subventionnée
par les pouvoirs publics.
L’adhésion volontaire de l’ensemble
de ces écoles au principe de la neutralité permettrait une simplification
radicale du système scolaire, une harmonisation de l’offre d’enseignement et
une nouvelle répartition des rôles entre la Communauté
française, autorité responsable du système éducatif et de son financement, et
les pouvoirs organisateurs, responsables de l’exécution des missions de leurs
écoles.
Dans cette
perspective, un cours commun,
obligatoire pour tous, devrait être instauré en vue de développer l’esprit
critique et d'initier progressivement :
·à la
démarche philosophique (les expériences en la matière sont concluantes et
montrent que cet enseignement peut se faire dès les classes maternelles),
·à la
réflexion morale (perception et clarification des valeurs et des règles de
vie),
·à la
citoyenneté démocratique,
·au
respect des différences,
·aux
principes de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme (1948) et des
conventions internationales qui en découlent.
Ce cours commun devrait dépasser les clivages actuels entre "cours
philosophiques" en incluant dans le cursus une information impartiale -
respectueuse des décrets - d'inspiration anthropologique tant sur le fait
religieux que sur le fait agnostique et/ou athée et leurs implications morales,
et ce par une présentation tant de l'histoire que de l'actualité de ces
diverses conceptions du monde.
La mise au point de ce cours pourrait fructueusement puiser dans la déjà
longue expérience des contacts positifs tant entre les inspections des
"cours philosophiques" actuels, que de leurs titulaires, entre autres
sur le socle commun des valeurs humanistes qu'ils véhiculent et qui
méritent échanges et réflexions (il
est à noter que la présente proposition ne préjuge pas d’une éventuelle réforme
des cours de religions et de morale non confessionnelle).
Par ailleurs, il est important de souligner que le projet d’initier
progressivement à la citoyenneté démocratique ne peut être cantonné dans un seul cours mais doit absolument être
transversal au programme scolaire.
13.Un réseau unifié de service public
Le système scolaire actuel, éclaté en réseaux multiples, est quasi
intégralement financé par les budgets publics. Quand on veut vivre avec
l’argent public,
·il faut
une vision d’ensemble partagée, au niveau des objectifs, des moyens et des
méthodes,
·il faut
des règles communes, une économie de moyens et un contrôle des résultats,
c’est-à-dire une unité d’action suffisante,
·il faut instaurer un climat de
coopération et non de concurrence.
Il paraît évident que le regroupement des réseaux doit concerner tous
les établissements scolaires, sans exception. Il serait inacceptable
d'affaiblir certains au profit d'autres qui ne se restructureraient pas.
Certains pays (voir annexe 2) ont, par le passé, réalisé avec succès de telles
réorganisations. Pour réaliser une unité d’action
suffisante, le CEDEP propose de rassembler à terme tous les réseaux d’écoles subventionnées
par l’autorité publique en un seul réseau de service public, organisant ce qui
se fait mieux en commun, et déléguant aux acteurs de terrain les
responsabilités auxquelles ils sont le mieux à même de faire face.
La transformation de notre enseignement en un service non économique
d’intérêt général, dans lequel la concurrence entre réseaux publics et privés
aurait disparu, permettrait en outre d’échapper aux dispositions des traités
européens en matière de concurrence libre et non faussée (voir annexe 1, traité
de Lisbonne), et à la marchandisation de l’enseignement qui en serait la
conséquence.
Pour élaborer et mettre en pratique
une vision d’ensemble partagée, la formation initiale et continuée de tous les
enseignants devrait pouvoir être organisée et coordonnée par un centre de
formation, de niveau universitaire, mais préservant la qualité de la formation
pratique de l’enseignement supérieur pédagogique, rassemblant les compétences
pédagogiques disponibles en C.F. et éventuellement des formateurs spécialisés
extérieurs. Ce centre de formation serait le noyau moteur de la transformation
et de l’unification de notre système scolaire.
14.Des pouvoirs organisateurs élus
Dans son communiqué de presse du 16 avril 2002, le CEDEP avait rappelé
que :
« Toute collaboration entre écoles de réseaux différents ne pourrait
s'envisager que dans un climat de confiance réciproque, ce qui suppose que les
écoles libres avec lesquelles l'enseignement officiel serait susceptible de
collaborer satisfassent à deux conditions :
a.la
représentativité démocratique des pouvoirs organisateurs de ces écoles,
c'est-à-dire que leurs membres soient élus pour des mandats à durée déterminée
;
b.le
contrôle de leur gestion, et notamment de leurs comptes, par les mandataires
publics ».
Dans un réseau unifié de service public, il convient de charger des
instances publiques élues du pouvoir d’organiser l’enseignement dans
le cadre de compétences clairement définies (il est à noter que la présente proposition ne préjuge
pas de la nature des instances publiques qui en seront chargées).Toutefois, celles-ci devront prendre
leurs décisions en matière de pédagogie, de recrutement et d’engagement du
personnel en tenant compte des avis de la Communauté éducative, dans le respect des règles
statutaires.
Par ailleurs, la gestion autonome
de chaque école devra être assurée par un Conseil d’administration composé du
directeur, qui en sera l’exécutif, de représentants du pouvoir organisateur et
de représentants élus par l’ensemble de l’équipe éducative, par l’ensemble des
parents et par les élèves,
chacun ayant une claire compréhension de ses compétences et
de ses responsabilités.
Ce Conseil aura pour mission la
bonne tenue des comptes, l’établissement du budget et l’affectation des moyens,
la formulation d’avis au Pouvoir organisateur sur l’engagement du personnel
enseignant, administratif et ouvrier, la communication externe, l’élaboration
du projet d’établissement et du rapport d’activité.
La direction de l’école aura,
quant à elle, en charge la gestion journalière, la direction du personnel,
notamment la formation de l’équipe pédagogique de l’école et l’évaluation des résultats obtenus par chaque enseignant,
ainsi que la conclusion de partenariats locaux en vue d’enrichir la vie
scolaire. Dans l'exercice
de sa fonction, la direction doit pouvoir disposer de la confiance de tous. La
confiance se fondant sur la compétence, il faut sélectionner les meilleurs
candidats en consultant le personnel lors de la procédure de choix et en
limitant les mandats dans le temps.
15.Une vraie mixité sociale
L’objectif de mixité sociale des
écoles doit être prioritaire afin que toutes les écoles puissent assurer
l’égalité des chances et offrir un enseignement performant à tous les enfants.
Notre système éducatif est
profondément inégalitaire et peu performant : en matière de réussite
scolaire, nous détenons la plus grande variance entre établissements de tous
les pays évalués par l’OCDE.
Il faut rendre l’école plus
égalitaire, moins ouverte aux parcours d’élèves guidés par la recherche de la
facilité ou de l’élitisme. Il est plus que temps de sortir du système actuel de
concurrence coûteux, inefficace et stérile entre écoles, tout en maintenant
l’autonomie pédagogique qui favorise les initiatives locales.
Pour cela, il faut faciliter
l’hétérogénéisation sociale des établissements scolaires, afin qu’elle profite
aux faibles sans handicaper les forts, et accompagner les écoles dont les
résultats sont les moins bons (en les dotant d’un encadrement différencié).
Transformer :
une formation de niveau universitaire pour tous les enseignants
16.Inciter
les bonnes personnes à devenir enseignants
La qualité
d’un système scolaire est intrinsèquement liée à celle de son corps enseignant
(voir annexe 3).
Il faut
revaloriser la profession d’enseignant, moralement, matériellement et
socialement, afin de la rendre suffisamment attractive sur le marché de
l’emploi, pour résorber à bref délai la pénurie d’enseignants, et reconstituer
une réserve de candidats compétents, afin d’assurer la qualité du recrutement.
Une solide
étude prospective devrait permettre de fixer les besoins d’enseignants à court,
moyen et long terme, et d’organiser les stratégies de recrutement en
conséquence.
Le recrutement doit être ouvert, et ses critères très exigeants. Sans entraver pour autant le libre
accès à l’enseignement supérieur, les futurs enseignants doivent être
sélectionnés sur la base de leurs compétences mais aussi sur leur
motivation à pratiquer le métier d’enseignant. L’enseignant doit avoir la possibilité d’exercer un autre
métier à temps partiel, de quitter l’enseignement et d’y revenir.
17.Renforcer
la formation pédagogique des enseignants
Seule
l’amélioration professionnelle des enseignants produit des résultats positifs.
Tous les enseignants devraient être
titulaires d'un master à l’issue de leur formation initiale :
·soit d'un master en
sciences de l'éducation pour les instituteurs (ou les professeurs
pluridisciplinaires),
·soit d'un master à
finalité pédagogique obtenu dans leur discipline.
La formation pratique des futurs enseignants
doit être confiée pour l’essentiel aux praticiens. Cette formation pratique est
l’essence même du futur métier. Dans ce contexte, il faut, dans les
institutions de formation initiale, donner une place prépondérante aux
meilleurs praticiens qui sont en première ligne sur le terrain et le
connaissent donc parfaitement. La formation des enseignants des disciplines
techniques et professionnelles doivent faire l’objet d’un cursus spécifique
alliant formation pédagogique et maîtrise du métier.
Comme indiqué
ci-avant, la formation initiale en pédagogie, et la formation continuée,
seraient organisées par un centre de formation communautaire, moteur de la
transformation et de l’unification de notre système scolaire. Avant
d’être titularisé, le jeune enseignant devra acquérir une expérience
d'assistant d’un titulaire de cours (tutorat). Il l’aidera notamment dans
l’accompagnement différencié des élèves.
Les processus
formels et informels doivent être multipliés pour que les enseignants,
individuellement et collectivement, analysent en permanence leurs pratiques
professionnelles au sein des écoles. Chaque enseignant doit pouvoir consacrer
une partie de son temps de travail au développement professionnel et
à la formation continuée en fonction des
orientations pédagogiques de son école.
L’excellence doit être un but tant pour les
élèves que pour les enseignants.
18.Développer
au maximum les potentialités de chaque élève
La performance
globale du système éducatif passe par la volonté partagée de hisser chaque
élève au niveau le plus élevé de ses potentialités.
Tous les élèves en difficulté doivent être aidés efficacement et sans
délai afin que l'excellence soit obtenue quelles que soient l’école et la forme
d’enseignement. Les résultats aux épreuves semi-externes
ou externes serviront de guide pour améliorer l’efficacité du travail de
l’enseignant. Chaque enseignant sera ainsi conscientisé à la responsabilité qui
lui incombe dans les performances de ses élèves.
Une fois passé le cap de la formation
initiale et du recrutement, les enseignants et les équipes éducatives devraient
jouir d'une large liberté pédagogique, d'une grande autonomie et d'une réelle
marge d'initiative, pour pouvoir assumer pleinement leur responsabilité. Cette
liberté pédagogique est certainement une composante essentielle de la
motivation des enseignants dans les systèmes les plus performants.
La formation continuée doit être obligatoire,
volontaire ou proposée par le chef d'établissement et/ou les conseillers
pédagogiques, quand le besoin se fait sentir, et toujours sur le mode de la
négociation et du dialogue.
Il faut offrir
un cadre de vie scolaire qui assure à tous les élèves et enseignants des
conditions suffisantes de sécurité, de santé et de bien-être, un nombre
raisonnable d'élèves par classe et des équipements adaptés aux besoins actuels.Les professeurs devraient bénéficier de
conditions de travail favorables, notamment de classes spacieuses et équipées en
suffisance de matériel approprié. Chaque équipe pédagogique devrait également
bénéficier d'une salle de travail avec une bibliothèque spécialisée, et un
espace personnel pour chaque professeur. Les conditions générales d’hygiène et
de confort, dans beaucoup d’écoles, ne correspondent pas actuellement au
minimum souhaitable.
MISE EN ŒUVRE
La mise en œuvre des
principes proposés ci-avant ne pourra se faire que dans un climat de confiance,
où chaque partie prenante se sentira pleinement rassurée sur le respect, au
sein du nouveau système éducatif unifié, des principes auxquels elle tient plus
particulièrement.
Pour le CEDEP, il s’agit des
principes de la neutralité, du caractère démocratique des pouvoirs
organisateurs et des organes de gestion autonome des écoles, ainsi que le
contrôle de leur gestion par les mandataires publics.
A ce stade, la logique de la
réforme conduit à définir sa mise en œuvre progressive en quatre étapes :
1.Introduction du projet dans la suite 2009-2014 du Contrat pour l’école
Après avoir été approuvé par le CEDEP, le projet sera
présenté officiellement au monde politique et aux médias, afin de le faire
connaître à l’opinion publique et de susciter un large débat démocratique. Il
s’agira de convaincre le Gouvernement d’introduire l’ensemble des principes du
projet dans la suite 2009-2014 du Contrat pour l’école qui devrait être négocié
dans les prochains mois avec les signataires.
2.Décret-cadre du Parlement de la CFWB
Un projet de décret-cadre déterminera ensuite
l’ensemble des principes de la réforme afin d’orienter et de baliser clairement
sur le long terme la transformation nécessaire.Le vote devrait permettre de sanctionner l’engagement ferme et
définitif des quatre partis politiques traditionnels à réaliser la
transformation de notre système éducatif conformément au décret-cadre quelles
que soient les majorités gouvernementales futures.
3.Centre de formation pédagogique de la CFWB
Le futur décret-cadre créera le Centre de formation
pédagogique de la CFWB, moteur de la réforme. Pour
assurer la cohérence du nouveau système éducatif, il est en effet indispensable
que l’ensemble des modalités de mise en œuvre soient étudiées, mises au point
et pilotées de façon centralisée. Le Centre se mettra immédiatement au travail
afin, d’organiser et de coordonner la formation initiale et continuée des
enseignants en vue de mettre en pratique le plus rapidement possible les
principes pédagogiques du décret-cadre.
4.Transformation du système éducatif
Les autres modalités administratives, techniques et
budgétaires d’exécution du décret-cadre devront être mises au point et arrêtées
par le Gouvernement de la CFWB (et au besoin votées par le
Parlement). La transformation de notre système éducatif devra nécessairement se
faire par phases successives, en prévoyant des dispositions transitoires
appropriées. Les exemples étrangers montrent que la transformation et
l’unification devraient pouvoir être achevées dans un délai de 10 ans environ
après le vote initial du décret-cadre.
ANNEXE
1 : les textes fondateurs
Déclaration universelle des droits de l’homme
(Assemblée
générale des Nations unies, 10 décembre 1948)
Article 26
1. Toute
personne a droit à l'éducation.
L'éducation doit être gratuite, au
moins en ce qui concerne l'enseignement élémentaire et fondamental.
L'enseignement élémentaire est obligatoire. L'enseignement technique et
professionnel doit être généralisé ; l'accès aux études supérieures doit être
ouvert en pleine égalité à tous en fonction de leur mérite.
2. L'éducation doit viser au plein
épanouissement de la personnalité humaine et au renforcement du respect des
droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle doit favoriser la
compréhension, la tolérance et l'amitié entre toutes les nations et tous les
groupes raciaux ou religieux, ainsi que le développement des activités des
Nations Unies pour le maintien de la paix.
3. Les parents
ont, par priorité, le droit de choisir
le genre d'éducation à donner à leurs enfants.
Traité de Lisbonne
(13 décembre 2007)
Traité modifiant le traité sur l’Union européenne
(traité de Maastricht du 7 février 1992)
et le traité instituant la
Communauté
européenne (traité de Rome du 25 mars 1957)
PROTOCOLE sur les services d’intérêt général
Article 2
Les dispositions des traités ne portent en aucune
manière atteinte à la compétence des Etats membres pour fournir, faire
exécuter et organiser des services non économiques d’intérêt général.
CONSTITUTION BELGE
(texte coordonné du 17 février 1994)
Article 24
§ 1er. L'enseignement est libre; toute mesure
préventive est interdite; la répression des délits n'est réglée que par la
loi ou le décret.
La communauté assure le libre
choix des parents.
La communauté organise un
enseignement qui est neutre. La neutralité implique notamment le respect des
conceptions philosophiques, idéologiques ou religieuses des parents et des
élèves.
Les écoles organisées par les pouvoirs publics offrent, jusqu'à la fin de
l'obligation scolaire, le choix entre l'enseignement d'une des religions
reconnues et celui de la morale non confessionnelle.
§ 2. Si une communauté, en tant
que pouvoir organisateur, veut déléguer des compétences à un ou plusieurs
organes autonomes, elle ne le pourra que par décret adopté à la majorité des
deux tiers des suffrages exprimés.
§ 3. Chacun a droit à l'enseignement dans le respect des libertés et droits
fondamentaux. L'accès à l'enseignement est gratuit jusqu'à la fin de l'obligation
scolaire.
Tous les élèves soumis à l'obligation scolaire ont droit, à charge de la
communauté, à une éducation morale ou religieuse.
§ 4. Tous les élèves ou étudiants, parents, membres du personnel et
établissements d'enseignement sont égaux devant la loi ou le décret. La loi
et le décret prennent en compte les différences objectives, notamment les
caractéristiques propres à chaque pouvoir organisateur, qui justifient un
traitement approprié.
§ 5. L'organisation,
la reconnaissance ou le subventionnement de l'enseignement par la communauté
sont réglés par la loi ou le décret.
Décret définissant les missions prioritaires
de l'enseignement fondamental et de l'enseignement
secondaire
et organisant les structures propres à les atteindre
(24
juillet 1997)
Article 6. - La Communauté française, pour l'enseignement qu'elle organise, et tout pouvoir
organisateur, pour l'enseignement subventionné, poursuivent simultanément et
sans hiérarchie les objectifs suivants :
1° promouvoir la confiance en soi et le développement de la
personne de chacun des élèves;
2° amener tous les élèves à s'approprier des savoirs et à
acquérir des compétences qui les rendent aptes à apprendre toute leur vie et
à prendre une place active dans la vie économique, sociale et culturelle;
3° préparer tous les élèves à être des citoyens responsables,
capables de contribuer au développement d'une société démocratique,
solidaire, pluraliste et ouverte aux autres cultures;
4° assurer à tous les élèves des chances égales d'émancipation
sociale.
CONVENTION INTERNATIONALE
DES DROITS DE L'ENFANT
(Assemblée
générale des Nations unies, 20 novembre 1989)
Article
28
1. Les États parties reconnaissent le droit de l'enfant à l'éducation, et en
particulier, en vue d'assurer l'exercice de ce droit progressivement et sur
la base de l'égalité des chances:
a) Ils rendent
l'enseignement primaire obligatoire et gratuit pour tous ;
b) Ils encouragent l'organisation de différentes formes d'enseignement
secondaire, tant général que professionnel, les rendent ouvertes et
accessibles à tout enfant, et prennent des mesures appropriées telles que
l'instauration de la gratuité de l'enseignement et l'offre d'une aide
financière en cas de besoin ;
c) Ils assurent à tous l'accès à l'enseignement supérieur, en fonction des
capacités de chacun, par tous les moyens appropriés ;
d) Ils rendent ouvertes et accessibles à tout enfant l'information et
l'orientation scolaires et professionnelles ;
e) Ils prennent des mesures pour encourager la régularité de la fréquentation
scolaire et la réduction des taux d'abandon scolaire.
2. Les États parties prennent toutes les mesures appropriées pour veiller à
ce que la discipline scolaire soit appliquée d'une manière compatible avec la
dignité de l'enfant en tant qu’être humain et conformément à la présente
Convention.
3. Les États parties favorisent et encouragent la coopération internationale
dans le domaine de l'éducation, en vue notamment de contribuer à éliminer
l'ignorance et l'analphabétisme dans le monde et de faciliter l'accès aux
connaissances scientifiques et techniques et aux méthodes d'enseignement
modernes. À cet égard, il est tenu particulièrement compte des besoins des
pays en développement.
Article 29
1. Les États parties conviennent que l'éducation de l'enfant doit viser à :
a) Favoriser
l'épanouissement de la personnalité de l'enfant et le développement de ses
dons et des ses aptitudes mentales et physiques, dans toute la mesure de
leurs potentialités ;
b) Inculquer à l'enfant le respect des droits de l'homme et des libertés
fondamentales, et des principes consacrés dans la Charte des Nations Unies ;
c) Inculquer à l'enfant le respect de ses parents, de son identité, de sa
langue et de ses valeurs culturelles, ainsi que le respect des valeurs
nationales du pays dans lequel il vit, du pays duquel il peut être originaire
et des civilisations différentes de la sienne;
d) Préparer l'enfant à assumer les responsabilités de la vie dans une société
libre, dans un esprit de compréhension, de paix, de tolérance, d'égalité
entre les sexes et d'amitié entre tous les peuples et groupes ethniques,
nationaux et religieux, et avec les personnes d'origine autochtone ;
e) Inculquer à l'enfant le respect du milieu naturel.
2. Aucune disposition du présent article ou de l'article 28 ne sera
interprétée d'une manière qui porte atteinte à la liberté des personnes
physiques ou morales de créer et de diriger des établissements
d'enseignement, à condition que les principes énoncés au paragraphe 1 du
présent article soient respectés et que l'éducation dispensée dans ces
établissements soit conforme aux normes minimales que l'État aura prescrites.
Pacte international relatif aux droits économiques,
sociaux et culturels
(Assemblée générale des Nations unies, 16 décembre
1966, en vigueur le 3 janvier 1976)
Article 13
1.
Les Etats parties au présent Pacte reconnaissent le droit de toute personne à
l'éducation. Ils conviennent que l'éducation doit viser au plein
épanouissement de la personnalité humaine et du sens de sa dignité et
renforcer le respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Ils
conviennent en outre que l'éducation doit mettre toute personne en mesure de
jouer un rôle utile dans une société libre, favoriser la compréhension, la
tolérance et l'amitié entre toutes les nations et tous les groupes raciaux,
ethniques ou religieux et encourager le développement des activités des
Nations Unies pour le maintien de la paix.
2.
Les Etats parties au présent Pacte reconnaissent qu'en vue d'assurer le plein
exercice de ce droit:
a)
L'enseignement primaire doit être obligatoire et accessible gratuitement à
tous;
b)
L'enseignement secondaire, sous ses différentes formes, y compris
l'enseignement secondaire technique et professionnel, doit être généralisé et
rendu accessible à tous par tous les moyens appropriés et notamment par
l'instauration progressive de la gratuité;
c)
L'enseignement supérieur doit être rendu accessible à tous en pleine égalité,
en fonction des capacités de chacun, par tous les moyens appropriés et
notamment par l'instauration progressive de la gratuité;
d)
L'éducation de base doit être encouragée ou intensifiée, dans toute la mesure
possible, pour les personnes qui n'ont pas reçu d'instruction primaire ou qui
ne l'ont pas reçue jusqu'à son terme;
e) Il
faut poursuivre activement le développement d'un réseau scolaire à tous les
échelons, établir un système adéquat de bourses et améliorer de façon
continue les conditions matérielles du personnel enseignant.
3.
Les Etats parties au présent Pacte s'engagent à respecter la liberté des
parents et, le cas échéant, des tuteurs légaux, de choisir pour leurs enfants
des établissements autres que ceux des pouvoirs publics, mais conformes aux
normes minimales qui peuvent être prescrites ou approuvées par l'Etat en
matière d'éducation, et de faire assurer l'éducation religieuse et morale de
leurs enfants, conformément à leurs propres convictions.
4.
Aucune disposition du présent article ne doit être interprétée comme portant
atteinte à la liberté des individus et des personnes morales de créer et de
diriger des établissements d'enseignement, sous réserve que les principes
énoncés au paragraphe 1 du présent article soient observés et que l'éducation
donnée dans ces établissements soit conforme aux normes minimales qui peuvent
être prescrites par l'Etat.
La Finlande a supprimé progressivement les écoles
privées ; la plupart des écoles ont aujourd’hui la commune comme pouvoir
organisateur.
Pendant une période transitoire de 10 ans (1968-1977), les anciens
proviseurs des écoles privées ont gardé le droit de nommer leurs enseignants
avec un conseil d’administration indépendant des communes.
Des pouvoirs organisateurs élus
En Finlande, les pouvoirs organisateurs sont les communes pour
l’enseignement fondamental (99 %), les communes ou des associations de communes
pour l’enseignement professionnel (60 %) et les lycées (95 %).
Dans chaque école, le Comité de Direction est composé du Directeur (qui
ne vote pas), de 4 représentants élus respectivement par les enseignants, le
personnel non enseignant, les parents et les élèves, ainsi que d’un
représentant de la commune (désigné par celle-ci) et d’un représentant des
milieux extérieurs (coopté).
En Suède, les communes représentent 94 % des pouvoirs organisateurs, le
reste étant des écoles libres homologuées.
Au Québec,
les pouvoirs organisateurs sont des commissions scolaires élues
directement (72 commissions, une par 100.000 habitants).
Une large
autonomie des écoles et des enseignants
En
Finlande, l’autonomie (liberté/responsabilité) de l’enseignant
inclut le choix du manuel scolaire, du contenu du cours, des modalités de
l’évaluation, la discipline (récréations, cantine, pas d’éducateurs), les
contacts avec les parents pour retards ou absences d’élèves, les cours de
soutien après le cours normal, la concertation avec les collègues sur tous
thèmes transversaux, la participation aux réunions de niveaux, cycles et
matières qui le concernent, une formation continuée et une formation en
informatique.
De la 1re à la 4e année
(7 à 11 ans), les cours ont lieu de 8h à 13h et il y a un seul professeur
polyvalent par classe (« class teachers »). Un professeur de langue
intervient à partir de la 2e année.
De la 5e à la 9e
année (11 à 16 ans), les cours ont lieu de 8h à 14h (avec certaines options
jusqu’à 15h) et les professeurs sont spécialisés (« subject
teachers », chaque professeur donne deux matières).
Une remédiation personnalisée
En Finlande, il y a rarement des
classes de plus de 25 élèves. La norme tourne plutôt autour de 20. Des
assistants en éducation (souvent de
jeunes professeurs débutants) viennent apporter leur concours au professeur
dans la classe même où ils peuvent prendre en charge des groupes restreints
d'élèves en difficultés.
En cas de petit retard, l’enseignant
garde l’élève après la classe. En cas de problème d’apprentissage plus
important, l’élève est pris en charge par un professeur spécialisé en dehors de
la classe ; l’élève n’assiste plus au cours normal pendant sa remise à
niveau, tout en poursuivant le programme normal avec le professeur spécialisé
pour ne pas prendre de retard par rapport à la classe.
Dès le jardin d'enfant les élèves
passent des séries de tests et les plus faibles iront dès le début de l'école
primaire vers des classes spécialisées où ils seront pris en charge (5 à 10
élèves par classe) par des professeurs formés à cette fin.
Les établissements "secondaires"
(3 ans au-delà de 16 ans) sont également dotés de conseillers (1 pour 200
élèves) pour guider les élèves dans leurs études.
Malgré ce taux d'encadrement important,
la dépense globale d'éducation de la
Finlande est à peu près comparable à celle de la France
(± 7 % du P.I.B.) et un peu supérieure à celle de la C.F. (± 5,5
% du P.I.B.).
Les économies d'échelle se font :
·sur le non-redoublement (le coût du
redoublement en C.F. a été estimé à 335 millions d'euros pour l'année
2005-2006) ;
·sur l'absence de corps d'inspection et de
personnel auxiliaire d'éducation ;
·sur une administration centrale très
restreinte (l'enseignement est géré par les communes).
Il est en tout cas clair qu'avec
un coût global identique ou un peu supérieur, le système finlandais est, de
manière relative et absolue, plus efficace ET plus égalitaire qu'en France et
en C.F.
Une évaluation positive
"Ce qui est important, c'est que les
élèves aient le sentiment d'être bons dans quelque chose", disent les
pédagogues finlandais :
·pas de notes dans les premières années du
primaire avant la classe 5 ;
·l'évaluation se fait par le contrôle
continu, par des examens internes, des évaluations nationales, des examens par
matières réalisés par les associations de professeurs ;
·les notes chiffrées de 4 à 10
n'apparaissent qu'après 13 ans ;
·la note 4 implique que l'élève ne sait
pas ; il devra donc recommencer non pas l'année mais l'apprentissage non
accompli, ce qui ne veut pas dire qu'il doit doubler !
·on a proscrit le 0 et les notes très basses
: quel intérêt en effet y a-t-il à construire une échelle de l'ignorance ?
·en revanche, on peut distinguer des
niveaux de perfectibilité : c'est ce que signifient les notes entre 5 et
9 ;
·le profil du bon élève ayant la note 8 a été
définie au niveau national et permet de noter les autres niveaux des élèves
dans chaque matière ;
·dans l'enseignement professionnel
l'évaluation est basée sur l'encouragement et le dialogue. L'élève y est pleinement associé par le biais
de l'auto-évaluation.
Pas de redoublement
En Finlande, il n'y a aucune sélection
tout au long de la période d'enseignement obligatoire :
·les classes sont hétérogènes, sauf pour
les élèves à besoins éducatifs spéciaux qui sont regroupés dans des classes à
effectifs très allégés (10 maximum) ;
·passage automatique d’une classe à
l’autre dans l’enseignement fondamental (7 à 16 ans) ;
·redoublement possible, mais très rare (de
préférence dans les petites classes) ;
·si l’élève n’a pas de note 4 en classe 9,
il obtient son certificat de fin de scolarité ;
·une classe 10 éventuelle est prévue pour
rattraper la ou les matières faibles et obtenir le certificat (il est
obligatoire pour le lycée ET pour l’enseignement professionnel) ;
·pas d’abandon possible avant 16 ans, 99,7
% des élèves obtiennent le certificat
Recrutement des enseignants
En
Finlande, les critères de recrutement sont très exigeants (beaucoup d’appelés et peu d’élus, moins de
10 % des demandes sont satisfaites). Les enseignants sont sélectionnés sur
base de leurs compétences disciplinaires et théoriques mais aussi sur l'idée
qu'ils se font de leur métier et sur leur conception et leur connaissance de
l'enfant.
Formation des enseignants
Tous les enseignants finlandais sont
titulaires d'un master. Il s'agit soit d'un master en sciences de
l'éducation pour les "class teachers" (= ± les instituteurs ou
professeurs polyvalents), soit d'un master obtenu dans leur discipline pour les
"subject teacher" (enseignants dans des matières spécifiques), mais
qui sera complété par des études de pédagogie. Les "class teachers"
doivent passer par une faculté d'éducation et acquérir une expérience
d'assistant pendant trois ans avant de devenir enseignant au sens plein du
terme. Les candidats doivent passer des tests et se soumettre à des entretiens
pendant deux jours entiers. Ainsi, du jardin d'enfant au lycée les élèves
auront devant eux des professeurs extrêmement qualifiés. Comme dans les autres
professions, plus on est compétent, plus on est capable et désireux de
responsabilités.
ANNEXE 3 : le rapport
McKinsey
Les caractéristiques principales
des meilleurs systèmes au niveau mondial peuvent être résumées dans les trois
tableaux ci-après, extraits du rapport McKinsey, figure 26 (septembre
2007) :
« Les clés du succès
des systèmes scolaires les plus performants »
Clé 1: Inciter les bonnes
personnes à devenir enseignant
« La qualité d’un système scolaire ne peut excéder celle de son
corps enseignant »
Questions
Meilleurs systèmes au niveau
mondial
Quel est le niveau d’études moyen des
personnes qui deviennent enseignants ?
Elles sont issues des 10% d’étudiants
ayant obtenu les meilleurs résultats dans chaque cohorte
Comment les étudiants des universités
et les nouveaux diplômés voient-ils le métier d’enseignant ?
Il fait partie des 3 options de
carrière privilégiées
Les processus de sélection pour accéder
aux formations d’enseignant sont-ils rigoureux ?
Vérifications rigoureuses visant à
évaluer le potentiel des candidats pour l’enseignement ; par ex., pratique de
l’enseignement, tests de maîtrise de la langue et de calcul
Quelle est la proportion de places
disponibles dans les programmes de formation à l’enseignement par rapport au
nombre de candidatures ?
1 sur 10
Quel est le niveau de la rémunération
d’embauche offerte aux enseignants par rapport aux autres salaires offerts
aux diplômés ?
Equivalent aux salaires des autres
diplômés
Clé 2: Former des
pédagogues de qualité
« Seule l’amélioration de l’enseignement dans les salles de classe
produit des résultats »
Questions
Meilleurs systèmes au niveau mondial
Combien de temps dure au total
l’accompagnement personnalisé dont bénéficient les nouveaux enseignants dans
les salles de classe ?
Plus de 20 semaines
Quelle est la part de temps consacrée
par chaque enseignant au développement professionnel ?
10% du temps de travail est consacré au
développement professionnel
Chaque enseignant connaît-il
précisément les différents points faibles de ses pratiques
d’enseignement ?
Oui, grâce aux activités quotidiennes
menées dans les écoles
Les enseignants peuvent-ils observer et
appréhender les meilleures pratiques d’enseignement dans un contexte scolaire
?
Oui, les enseignants invitent
régulièrement leurs collègues dans leur salle de classe à des fins
d’observation et de « coaching »
Les enseignants réfléchissent-ils à
leurs pratiques d’enseignement et en discutent-ils ?
Oui, par le biais de processus formels
et informels dans les écoles
Quel rôle les directeurs d’école
jouent-ils dans la formation de professeurs de qualité ?
Les meilleurs enseignants et tuteurs
pédagogiques sont choisis pour devenir directeurs
Dans quelle mesure des recherches
ciblées et systématiques sur l’enseignement de qualité sont-elles menées puis
intégrées dans la politique et les pratiques en classe ?
Budget de recherche axé sur l’amélioration
de l'enseignement équivalent à 50 dollars par élève et par an
Clé 3: veiller à ce que chaque
élève obtienne de bons résultats
« La performance globale du système
éducatif passe par la réussite de chaque élève »
Questions
Meilleurs systèmes au niveau
mondial
Existe-t-il des standards
définissant les savoirs, les capacités de compréhension et de compétences
requis de la part des élèves ?
Des standards précis adaptés à
l’efficacité d’ensemble du système scolaire
Quels contrôles existe-t-il à l’échelle
du système scolaire pour vérifier le niveau de performance des écoles ?
Toutes les écoles sont
conscientes de leurs atouts et de leurs points faibles
Quelles mesures prend-on en cas
de résultats insuffisants ?
Des mécanismes efficaces pour
aider tous les élèves en difficulté : différences minimales des résultats
d’une école à l’autre
Comment sont organisés le
financement et l’aide ?
Le financement et l’aide sont
ciblés sur les axes où ils peuvent avoir le plus d’impact
Le document est accessible en version pdf en cliquant ici
Le CEDEP, fondé en 1985, est constitué de 11 associations représentant des pouvoirs organisateurs, des enseignants, des parents et des sympathisants de mouvements laïques. Son but est l’échange d’informations et l’organisation d’actions communes en vue de soutenir et de promouvoir l’ENSEIGNEMENT OFFICIEL, c’est-à-dire l’enseignement organisé par les pouvoirs publics (communes, provinces, Région de Bruxelles-capitale et Communauté française de Belgique).